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Peut-on reconstruire un sein suite à une mastectomie totale ?

Peut-on reconstruire un sein suite à une mastectomie totale ?

 

Ces dernières années, la reconstruction mammaire est devenue une partie à part entière du traitement du cancer du sein, toute reconstruction mammaire après un cancer du sein doit dépendre de tout un processus de traitement pour conserver la guérison. Les femmes veulent reprendre une vie complètement normale, elles souhaitent se sentir de nouveau à l’aise dans n’importe quelle situation après la reconstruction mammaire.

Beaucoup pensent que la chirurgie esthétique et la chirurgie plastique reconstructrice sont la même chose, à tel point que les deux termes sont souvent utilisés de manières équivalentes. Pour assimiler les deux concepts, il faut mettre en considération que les deux notions ont des objectifs très différents, bien qu’elles utilisent fréquemment des techniques et des matériaux communs, elles ne sont pas identiques. Certaines techniques peuvent être réciproques mais les objectifs pour lesquelles elles sont conçues sont différents.

La plupart des médecins qui tentent aujourd’hui de rendre l’apparence de la femme (ayant perdu un sein) le plus naturel possible sont des chirurgiens qui ont appris les techniques de reconstruction ou, inversement, des chirurgiens plasticiens spécialisés dans des opérations esthétiques qui se sont formés sur le traitement de Cancer de sein.

Récemment, l’attention de la chirurgie reconstructive s’est également tournée vers différentes formes de cancer et n’est plus dirigée uniquement et exclusivement vers le sein.

 

La reconstruction mammaire est une partie prenante du traitement du cancer, à tel point qu’elle est supportée par les organismes internationaux de santé. La maladie (cancer de sein) devient de plus en plus traitable, son application laisse moins de conséquences défavorables, même d’un point de vue esthétique. La reconstruction mammaire est devenue une possibilité ouverte aux patients de Cancer. Dans les cas où la mastectomie totale ne peut absolument pas être évitée, il existe des solutions qui permettent à la femme de regagner son apparence.

À cette fin, il est bon de se tourner vers les publications des centres de recherche qui étudient des cas de patientes et publient des retours d’expérience, des témoignages et des observations médicales qui se trouvent maintenant dans les quatre coins du monde. Les recherches font intervenir les chirurgiens plasticiens, les oncologues et les médecins généralistes. Les chercheurs en matière de reconstruction mammaire développent et expérimentent des solutions de plus en plus ciblées pour des patientes de différents tranches d’âge.

Pour le cancer du sein, chaque cas est différent de l’autre. Chaque cas nécessite une approche concertée entre la femme et les différents spécialistes du domaine. Pour cette raison, les décisions ne devraient pas dépendre d’un seul référent thérapeutique, mais devraient être le résultat de discussions collectives et d’un travail d’équipe comprenant des chirurgiens du sein et des chirurgiens plasticiens, des radiothérapeutes et des oncologues, des infirmières spécialisées et des psychologues.

Intervention sur mesure

Il n’y a pas de règles absolues pour le type d’intervention de reconstruction le plus approprié ou bien pour le protocole de traitement ; la stratégie adoptée la plus appropriée doit être personnalisée pour chaque femme qui demande une reconstruction mammaire pour son post-traitement cancer de sein.

Pour prendre une décision, il faut tenir compte non seulement de la taille du bonnet, de sa position, mais également les caractéristiques originales du sein, de sa taille et de sa forme. La meilleure augmentation du sein prend en considération le poids et la conformation physique générale de la femme, son âge et bien évidemment ses désirs, ses attentes et sa satisfaction. Tout cela doit évidemment être subordonné au traitement de la maladie, qui doit toujours être l’objectif prioritaire de l’opération.

Le moment le plus approprié pour intervenir à la correction des seins (augmentation, réduction, reconstruction) est lorsque l’opération est médicalement possible sans aucunes complications sur l’état général du patient. La majorité des médecins effectuent la reconstruction mammaire dès l’intervention pour l’ablation de la tumeur. Cependant, dans certains cas, il peut être plus approprié de reporter cette phase à une date ultérieure qui sera indiquée en fonction des tests médicaux.

Expandeurs et prothèses

Avant l’implantation définitive de la prothèse, dans les mois qui suivent l’intervention et pendant la durée des thérapies adjuvantes, la procédure normale consiste à placer un dispositif (expandeur) sous le muscle pectoral. L’expandeur est un ballon gonflable qui est progressivement rempli avec une solution physiologique afin d’étirer les tissus et de faciliter le positionnement ultérieur de la prothèse proprement dite.

Les implants mammaires qui sont implantés existent sur le marché en prix raisonnables et peuvent être utilisés soit pour la chirurgie esthétique ou reconstructive du sein ; dans les deux traitements les médecins utilisent un corps siliconé qui prend la forme désirée. Le corps est rempli par un gel de silicone ou une solution physiologique. Il existe un large éventail de prothèses dont la taille, la forme (en goutte / ronde) et le type de surface (lisse ou rugueuse) diffèrent d’un concepteur à l’autre. Les prothèses à surface rugueuse sont dites « texturées » et sont les plus utilisées dans la reconstruction post-cancer du sein.

En alternative à la prothèse, pour la reconstruction mammaire, il est possible d’utiliser des lambeaux de tissus prélevés de l’abdomen ou du dos. Le résultat est certes plus naturel mais l’intervention est décidément plus longue et plus exigeante, ainsi le déroulé de l’opération et le temps de récupération sont plus longs.

Techniques sécurisantes

Les risques liés à l’implantation de prothèses, tant pour des raisons reconstructives qu’esthétiques, sont limités. Il existe une possibilité de rupture spontanée de l’implant, mais pas moins de 10 à 15 ans après l’opération.

Pour cette raison, il est important que le contrôle annuel, soit également soumis à une échographie ou à une imagerie par résonance magnétique pour vérifier l’état de la prothèse. Dès que des signes d’usure sont observés, la prothèse peut être remplacée.

La présence des prothèses mammaires complique les mammographies. Les normes européennes pour l’assurance qualité dans le dépistage et le diagnostic du cancer du sein recommandent d’effectuer une mammographie dans des centres où l’échographie peut également être effectuée. Les imageries par résonance et d’autres techniques d’imagerie plus récentes peuvent fournir plus d’informations au chirurgien. Pour le cancer du sein, Il est très important que le technicien en radiologie ait une expérience adéquate pour effectuer correctement la mammographie pour une femme atteinte par le cancer du sein. Lors d’une mammographie post-implant mammaire et pour mieux examiner la portion du tissu sein caché par la prothèse, des images supplémentaires sont acquises grâce à la manœuvre dite d’Ekelund : qui consiste à pousser doucement la prothèse par le radiologue contre la paroi thoracique, amenant le tissu mammaire vers l’avant.

Les implants mammaires ne provoquent jamais de cancer du sein

Il a été observé qu’un faible pourcentage des femmes auxquelles sont implantées des prothèses mammaires ont développé une forme de lymphome, une maladie du tissu lymphatique, appelée lymphome anaplasique (BIA-ALCL) qui consiste à des capsules à grandes cellules qui se forment autour de l’implant.

Cependant, il s’agit d’une maladie extrêmement rare. En Tunisie, le ministère de la Santé a introduit un registre obligatoire depuis quelques années, qui obligent les médecins à appeler leurs patients pour les rappeler des dates prévues des mammographies post-cancer.

Selon INS (Institut National de statistique) Tunisien, 50 cas ont développé cette malformation sur un total de 400 000 prothèses implantées, avec un taux de mortalité nul.

Également, par rapport à des dizaines de millions de patients porteurs d’implants dans le monde, le nombre de cas qui ont développé cette malformation est extrêmement faible. A ce jour, les estimations parlent d’environ 800 cas dans le monde entier. De plus, le nombre limité, des statistiques ne permettent pas d’établir avec certitude l’association entre l’implantation et le début de cette nouvelle pathologie.

Dans la plupart des cas, il suffit de retirer la prothèse ainsi que la capsule de tissu fibreux qui l’entoure pour obtenir une guérison complète.

Dans les rares cas où la tumeur s’est propagée aux ganglions lymphatiques ou à d’autres organes, la chimiothérapie est utilisée avec un taux de succès de 100 % des cas. Les patientes ayant une prothèse mammaire après une mastectomie de tumeur n’ont pas besoin d’examens supplémentaires à part ceux requis pour les suivis normaux du cancer.

C’est pour cette raison que les femmes qui ont subi des implants mammaires pour des raisons médicaux (reconstruction mammaire post-cancer) devraient subir des contrôles réguliers. Les femmes qui ont subi des opérations esthétiques d’implants mammaires devraient subir des contrôles réguliers mais à long terme.

 

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